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Ousmane Doré, le ministre de l'économie et des finances, n'est pas tombé seul. Dans sa chute, il a entrainé le limogeage du gouverneur de Boké, M. Siafa Béavogui. Justement, le libellé de l'article 1er du décret D/2008/074/PRG/SGG en date du 14 octobre 2008 stipule que Nawa Damey « est nommé gouverneur de la Région Administrative de Boké en remplacement de Siafa Béavogui démis de ses fonctions pour faute lourde ». Aussitôt, la rédaction de votre site GCI s'est amusée à faire un exercice cérébral pour savoir en 24 ans d'exercice du pouvoir par le Général Lansana Conté, combien de fois a-t-il utilisé l'expression « .... pour faute lourde ... » dans ses actes.
Naturellement, l'exercice n'a pas été facile. Mais tout porte à croire, que le Général Lansana Conté l'aurait utilisée six fois. Toute contribution serait la bienvenue. Mais de mémoire fraîche de journaliste pris dans la chaleur de l’actualité, je crois que l'expression aurait été utilisée officiellement six fois.


- La première fois, c'était la rétrogradation de Mohamed Lamine Magassouba de son grade de Général au lendemain de la capture et de l'assasinat, après tortures ignobles, de l'ex-Président du Liberia Samuel K. Doe par les rebelles, sous la conduite de Prince Johnson, dans le quartier général guinéen de l'Ecomog, à Monrovia. C'est le Général Magass qui était à l'époque commandant en second de l'Ecomog, après le Général nigérian Dogognaro. Malheureusement, ses hommes n'ont pas pu assurer la protection du Président Doe, qui s'était refugié au QG guinéen de l'Ecomog.

- La deuxième fois concernait Mabinty Haïdara, à l'époque, Chef de Cabinet du Ministre des Postes et Télécommunications Emmanuel Gnang qu'elle avait giflé. Forte qu'elle était de son appartenance au Parti présidentiel, le PUP, dont elle était membre du bureau des femmes. Egalement appartenant, à l'époque, au cercle restreint des proches du Chef de l'Etat.

- La troisième fois portait sur le limogeage du Préfet de Kissidougou, Mamadou Camara qui, passant outre les recommandations du Président Conté, par excès de zèle peut-être, avait fait mobiliser les citoyens de sa préfecture pour accueillir le Chef de l'Etat, alors que ce dernier lui avait dit de ne point déranger les laborieuses populations. Période de culture oblige. Dès après la réception qui était vraiment de taille, le décret de son renvoi pour ‘’faute lourde’’ sera lu.

- La quatrième fois sera l'acte de limogeage de Cellou Dalein Diallo de son poste de Premier ministre pour, dit-on, falsification du décret de restructuration du gouvernement. Argument que ce denier a toujours balayé du revers de la main en affirmant qu'il avait composé l'équipe avec l'assentiment du Chef de l'Etat. Le décret de sa destitution tombera pour ‘’faute lourde !

- Pour la cinquième fois, c'est Idrissa Thiam, Directeur du Protocole d'Etat qui fera les frais du courroux du numéro un guinéen. Pour faux et usage de faux. Il avait “fabriqué” le décret de nomination de Mamady Sam Soumah au poste de Ministre d'Etat chargé des activités présidentielles. Une façon, à l'époque, de contrer l'évolution de Alpha Ibrahima Kéira, remplaçant de Sam au poste de Ministre Secrétaire général de la Présidence de la République.

- Enfin, le sixième cas d'utilisation de l'expression « .... pour faute lourde ... » est intervenu avec le décret D/2008/074/PRG/SGG qui a limogé Siafa Béavogui de son poste de gouverneur de la Région administrative de Boké. Chute, dit-on, liée de près au narcotrafic récemment découvert dans sa juridiction.

A qui le tour ? Comme dans un roman d’Agathie Christie, les membres du gouvernement attendent, tout tremblotant que le couperet de Conté, leur tombe sur la tête…pour faute lourde ! Eh Wotan !

Toute contribution à cette analyse est la bienvenue.

Maïmouna Fofana pour GuineeConakry.Info

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Tag(s) : #Politique
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