A moins de 48 heures de son limogeage au poste de ministre- secrétaire général, Mamady Sam Soumah vient d’être élevé au rang de ministre d’Etat chargés des activités Présidentielles. Un mois d’août qui pleut de décret?
Depuis ce 1er août les guinéens sont entrain de vivre un valse de décrets ; une pratique qu’ils croyaient révolue au temps de Cellou Dalein Diallo. En rappel, le président Conté avait signé un décret nommant ce dernier au poste de Premier ministre et une équipe gouvernementale qui devrait assurer la gestion des différents départements ministériels. Coup de théâtre ou coup_de_poker ? Le lendemain à 10 heures, Cellou Dalein est demis de ses fonctions pour « faute lourde ». C’est sans commentaires !
Un peu plus de deux ans, nous voilà de nouveau gratifier par le Général Conté d’un début d’août pluvieux de décrets.
Sam Soumah, unique ministre d’Etat, dans ses nouvelles fonctions doit gérer toutes les activités présidentielles lui donnant ainsi le pouvoir de remplacer le président de la république dans ces fonctions de gérer le gouvernement et l’Etat. Une nouvelle charge pour nos finances publique en plus des 36 ministères jugés trop pléthoriques.
Quelle cacophonie ? Si on sait que le Premier ministre chef de gouvernement détient ou détenait cette prérogative de représenter le Chef de l’Etat quand ce dernier est empêché.
Ainsi, le PM Ahmed Tidiane Souaré, à la place du président doit, désormais, rendre compte à Sam Soumah. Seul ministre d’Etat du pays, Sam Soumah est en passe d’être le président de la république de sa manière par ses fonctions.
Par cette nomination, nombreux observateurs pensent que le Président Conté veut mettre à exécution son plan de restructuration du gouvernement de 36 à 25 comme l’aurait proposé Kassory Fofana, ex ministre de l’Economie et des Finances, proche du Chef de l’Etat. Un gouvernement que l’actuel ministre de l’Economie Dr Ousmane Doré aura la charge de diriger en qualité de Premier ministre et un gigantesque ministère des mines, de l’énergie et de l’hydraulique, taillé sur mesure, reviendra à Kassory Fofana. Ce dernier ne supportant pas d’être un ministre d’un gouvernement de son ancien conseiller, Dr Ahmed Tidiane Souaré.
Une belle manière de se débarrasser de Dr Ahmed Tidiane Souaré, celui qui aurait servi de transition entre le gouvernement de changement au traditionnel gouvernement du Général Conté.
Après tout, le Chef militaire, de façon stratégique, est entrain de reprendre la main sur la gestion du pays et ramener les anciennes pratiques mises en place avant les douloureux évènements de janvier et février 2007.
La guéguerre qui a toujours pignon sur rue dans l’entourage Conté serait à son paroxysme.
Quel avenir pour l’actuel PM Souaré ? Car plusieurs personnes s’accordent à dire que cette nomination mettrait fin au grand problème lié à la succession du Président Conté. Il faut reconnaitre que ce problème a toujours alimenté les débats. Tantôt un penchant sur les frères d’armes tantôt sur les camarades du Parti de la mouvance, le PUP.
La crise de leadership au sein du PUP, un parti dans lequel chacun cherche à tirer la couverture vers lui afin de profiter au maximum des bénéfices du parti, devrait trouver solution. La seule question qui se pose, les responsables du Bureau Politique Nation du PUP seront – il d’accords ? Puisque Sam Soumah se positionne ainsi, comme un vrai dauphin- c’est plusieurs illusions qui voleront en l’air.
La question qui se pose aux guinéens aujourd’hui est de savoir pourquoi le président Conté après avoir nommé un Premier Ministre Chef de gouvernement de son choix a – t- il décidé de nommer un autre pour s’occuper des responsabilités qui sont les siennes ? Où est la délégation de pouvoir qu’il avait conclue avec les syndicats, aujourd’hui affaibli par la division et la recherche de l’intérêt individuel.
Même si on reconnait au régime Conté, arrivé par un coup d’Etat le 3 avril 1984, l’instauration d’une économie libérale et le multipartisme, force est de constater, par rapport aux potentialités du pays, plusieurs freins au développement ont été relevés dans sa gestion de la chose publique. Aucune voie de développement n’est retrouvée. Nous sommes sans énergie, sans eau, dans une mal gouvernance chronique, ..., après 24 ans. Quelle perte de temps ?
Si le Général sait qu’il n’est plus à mesure d’exercer les fonctions présidentielles pourquoi ne pas démissionner afin de libérer les différentes institutions de la république, ainsi libérer la nation guinéenne.
Dans tous les cas de telles décisions et contre décisions au sommet de l’Etat ne rassurent nullement les gouvernés, ni les partenaires à la Guinée. Le citoyen guinéen se demande qu’est ce qui se passe à la tête de l’Etat voire dans la tête de ceux qui dirigent cet Etat.
En attendant les réactions des syndicats et de la société civile, les guinéens vivent une instabilité dans la gestion des institutions d’Etat.
Depuis Conakry, Dos Camara et Ousmane Barry Kobala « OBK »
pour aminata.com