Le Nouveau Réveil 11/07/2008
Le président du Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT) était face à la presse, hier, au siège de son parti à Adjamé. Au cours de la conférence de presse, Francis Wodié s'est prononcé sur les sujets brûlants de l'actualité en Côte d'Ivoire. Elections, détournement, cherté de la vie etc ont été au centre du discours liminaire du président Wodié et des échanges qu'il a eus avec les journalistes.
L'Accord Politique de Ouagadougou, qui a été conclu, après plusieurs autres accords, est en train de montrer ses limites. Pourtant, tous les acteurs politiques de la Côte d'Ivoire, même ceux qui n'étaient pas parties prenantes, ont soutenu cette initiative et se sont mobilisés pour la mettre en œuvre.
C'est, non seulement, une preuve de maturité qu'il convient de saluer et d'encourager, mais aussi l'expression de la volonté de tous d'aller, résolument, vers une paix durable.
Et cependant les menaces et incertitudes continuent à peser sur le processus.
Quelles sont les entraves qui risquent, si nous n'y prenons garde, de faire obstacle à la paix ?
Quelles sont les propositions du PIT pour éviter ou, tout au moins, réduire ces risques ?
I - LES DANGERS QUI MENACENT LA REUSSITE DE L'ACCORD POLITIQUE DE OUAGADOUGOU
Pour le PIT, ces dangers sont principalement de deux ordres :
-les problèmes politiques ;
-les difficultés socio-économiques.
a)Au plan politique
Il convient de retenir :
-La mise en œuvre du calendrier électoral :
La date des élections présidentielles est fixée au 30 novembre 2008. Nous sommes à moins de cinq mois de cette échéance et rien n'est prêt. Selon le Président de la CEI, 95 % des démembrements de la CEI sont installés sur le territoire national et les structures de l'extérieur sont en train d'être mises en place.
Il se garde de donner une date précise pour la fin de la réalisation de cette étape essentielle pour le respect du chronogramme.
Quant aux tâches dévolues aux opérateurs SAGEM et INS, elles ne sont pas encore précisées. On ne sait toujours pas qui fera quoi. La persistance de ce flou ne rassure guère. Le recensement électoral et l'établissement des listes électorales n'ont pas commencé. De toute évidence, les élections présidentielles ne pourront pas se tenir le 30 novembre 2008…. si rien n'est fait dans l'urgence.
-Le redéploiement de l'Administration et les problèmes de sécurité :
La plupart des agents de l'Etat ont regagné leur poste mais, faute de moyens, nombreux sont ceux qui n'arrivent pas à travailler comme il se doit.
Ici et là (Guiglo, Bouaké, Séguéla, Bouna), beaucoup se plaignent de ne pas percevoir les primes promises ; ces revendications doivent être prises en compte, à temps, afin que le sentiment légitime de frustration soit dissipé et les affrontements évités.
Le problème sécuritaire demeure extrêmement préoccupant ; après les troubles survenus à Guitrozon, à Bouaké, à Bouna, à Séguéla, à Vavoua… , on se demande si le désarmement ainsi que le démantèlement des milices pourront avoir lieu dans les délais prévus.
Quand des troubles éclatent en zone CNO, ce sont les " Com-zones " qui s'investissent dans la recherche de solutions et cela, malgré la présence des Préfets et des Sous-préfets.
Ce sont donc, les Forces Nouvelles qui, dans les faits, détiennent encore la réalité du pouvoir dans ces régions. Les élections ne peuvent pas se tenir dans un tel contexte.
-L'unicité de la Caisse de l'Etat est loin d'être établie et nous continuons à vivre sous le régime d'un double budget pour l'Etat, le même Etat. Or, l'Etat doit pouvoir exercer sa souveraineté sur l'ensemble du territoire dans tous les domaines.
Malgré toutes les promesses faites, ce sont les responsables des Forces Nouvelles qui perçoivent jusqu'à présent les taxes en zone CNO pour leur compte. Dans certaines localités, cependant, et on s'en félicite, on assiste à une passation des charges entre les Autorités des Forces Nouvelles, les Autorités de l'Etat et les responsables municipaux. C'est le cas de Bouaké et de Séguéla notamment.
Ces cas, au vu des attentes des Ivoiriens, demeurent isolés et insuffisants. Il faut accélérer l'opération de redéploiement de l'Administration et des services financiers dans les zones CNO pour mettre fin au sentiment de partition de l'Etat (de deux Administrations pour un Etat).
-L'émergence des blocs antagonistes
L'une des conséquences de cette crise, est l'apparition des blocs antagonistes, comme le RHDP et le CNRD.
Cette bipolarisation de la vie politique est la traduction d'une logique d'affrontements. On retrouve dans chaque groupe des extrémistes qui, par leurs prises de position, ont contribué à radicaliser les positions, et à entretenir la violence.
Le PIT, attaché à la recherche de la paix, a choisi de se tenir en dehors de ces blocs antagonistes qui ne voient que leurs intérêts.
b) Au plan socio-économique
Le 1er Mai 2008, les différentes centrales syndicales, à l'unanimité, ont reclamé une augmentation substantielle du SMIG ainsi que la tenue effective du Forum de Dialogue Social maintes fois annoncée.
Le Président de la République les a conviés, à une séance de travail pour répondre à leurs doléances. Ils attendent toujours.
Quelques semaines plus tard, les populations affamées sont descendues dans la rue pour dénoncer la cherté de la vie. Les Forces de l'Ordre, dont la mission est d'encadrer les manifestants, se sont permis de tirer sur des innocents à balles réelles. Il y a eu mort d'hommes.
Pour se dédouaner, les Autorités de l'Etat ont affirmé qu'aucun ordre n'a été donné pour ouvrir le feu. Dès lors, les responsables de ces actes d'indiscipline devraient être identifiés et sévèrement punis. Cela n'a pas été fait. Le pouvoir est-il complice ?
L'impunité gangrène notre société et risque, si nous n'y prenons garde, de ruiner la cohésion sociale.
Maintenant on assiste au spectacle de " l'opération mains propres " dans la filière café-cacao.
Le Procureur de la République, sur instruction du Chef de l'Etat, a diligenté une procédure sur la gestion de la filière café-cacao. Des responsables de société et de l'Administration sont actuellement sous mandat de dépôt et croupissent en prison, en attendant que les procès se tiennent.
Il faut se féliciter d'une telle opération qui entre dans le cadre de la moralisation de la vie publique que le PIT, dès sa naissance, a inscrit dans son programme comme un intérêt majeur.
Mais, pourquoi, maintenant, seulement, alors que le phénomène est connu depuis longtemps. Cette opération n'a-t-elle pas des relents électoralistes ? Le plus important est de lutter efficacement et sincèrement contre la corruption et la mauvaise gestion. La justice doit suivre son cours à l'abri des pressions politiques en respectant la dignité des hommes et des femmes. Le PIT demeure vigilant, et appelle à poursuivre la procédure en l'étendant à tous les autres secteurs, en toute justice.
Face à tout cela, que faire ?
II - LES PROPOSITIONS DU PIT
a) Au plan socio-économique
Nous vivons une période difficile de sortie de crise. On ne peut pas sortir d'une crise en créant ou en entretenant d'autres crises.
La récente augmentation des prix du carburant, avec les menaces de flambée généralisée des prix des denrées de première nécessité, risque d'aggraver l'appauvrissement des couches les plus vulnérables de la société.
Le Gouvernement doit lutter contre la pauvreté et non aggraver par des mesures unilatérales les conditions de travail et de vie des Ivoiriens déjà durement éprouvées par la crise.
Tant cela menace gravement la paix. Il aurait fallu prendre des mesures d'accompagnement, en ayant engagé des négociations préalables avec les opérateurs économiques (Commerçants, transporteurs et les consommateurs) avant de prendre ces décisions lourdes de conséquences.
C'est après coup, que les autorités engagent des discussions avec les opérateurs économiques, après avoir pris de manière unilatérale toutes les mesures anti-sociales.
La question du pétrole ivoirien doit être clarifiée et l'opinion informée ; en ce sens, le Chef d'Etat et le Gouvernement doivent dire, clairement et publiquement, quelle est la production réelle, quelle est la part de consommation interne, la part d'exportation et les recettes qui en résultent et l'utilisation qui en est faite, pour en finir avec les rumeurs ; c'est le droit du peuple ivoirien, c'est le droit du Gouvernement ivoirien.
Pourquoi ne veut-on pas comprendre, ne peut-on pas comprendre que seules les concertations préalables et la concertation générale permettent, permettront de prévenir et régler pacifiquement les problèmes au lieu de provoquer la violence ; un seul peut trouver des solutions pour un seul ; mais c'est ensemble que nous trouverons les bonnes solutions pour l'ensemble au plan économique comme au plan politique.
b) Au plan politique
-En ce qui concerne l'organisation des élections prochaines
Le PIT propose toujours le jumelage des élections présidentielles et législatives.
En d'autres termes, ces deux élections politiques doivent se tenir le même jour.
Cela permettra de réduire le coût des élections qui ont été maintes fois reportées, tout en réglant les difficultés financières invoquées comme entraves à la tenue des élections le 30 novembre 2008.
Pour le PIT, tout doit être mis en œuvre pour respecter cette date. Une élection est un acte de souveraineté. Il n'est pas normal que la Côte d'Ivoire, qui a des ressources internes suffisantes pour organiser des élections, en soit réduite à compter sur des financements extérieurs incertains pour choisir ses dirigeants ; en réorganisant les priorités, en éliminant la corruption et les gaspillages, on peut trouver les fonds nécessaires ; et chacun, en commençant par le Chef d'Etat et le Gouvernement, doit faire des sacrifices pour la paix et mettre la main à la poche en cas de besoin.
-Quant aux autres problèmes :
-le redéploiement de l'Administration ;
-le désarmement des Forces Nouvelles et le démantèlement des milices ;
-l'unicité de la caisse de l'Etat ;
-la prise en compte des préoccupations des populations.
Le PIT estime que la cohésion sociale ne peut s'obtenir à travers l'engagement de deux groupes, aussi influents soient-ils.
L'Accord Politique de Ouagadougou n'est donc qu'une étape, un palier. C'est la volonté affichée des deux groupes antagonistes de renoncer, définitivement, à la guerre.
Le PIT s'en est félicité.
Mais il faut élargir le cadre des discussions. La tenue d'une concertation nationale, plus que jamais, s'impose comme une urgence.
La société civile est en train de s'organiser pour permettre de dégager un consensus national.
Le PIT encourage et soutient cette initiative de toutes ses forces.
Le PIT appelle à un vaste rassemblement des Ivoiriens pour la Paix.
Le 1er Ministre se propose d'organiser un forum de dialogue national. Nous lui avons envoyé, à sa demande, nos propositions. Chaque fois qu'il sera question de créer les conditions d'une paix durable, de renforcer la cohésion sociale, le PIT sera présent et agira dans le sens de l'intérêt général.
Le PIT en tant que parti responsable a choisi de conquérir le pouvoir par les urnes.
Aussi, la Direction du Parti, malgré tout, a-t-il pris des décisions importantes lors d'un séminaire les 5 et 6 juillet 2008.
Le PIT participera à toutes les élections qui doivent se tenir aux dates annoncées.
Pour les présidentielles, son Candidat est confirmé en la personne de son Président Francis WODIE.
Le Directeur National de Campagne du candidat Wodié est connu, c'est le camarade BLEOU Martin.
Le PIT invite les Ivoiriennes et les Ivoiriens à s'engager résolument et sincèrement dans le processus en exigeant du Chef de l'Etat et du Gouvernement qu'ils tiennent les engagements pris, en réglant par consensus, les problèmes majeurs, afin que les élections puissent se tenir, effectivement, le 30 Novembre 2008, pour que s'ouvre, enfin, la porte de sortie de crise.
Le Président du PIT
Francis WODIE
La réponse du Pr Wodié aux questions des journalistes : “L’opération “Mains propres” n’a-t-elle pas des relents politiques ?”
Francis Kassy (ONUCI-FM)
La justice française a décidé d'entendre Mme Simone Ehivet Gbagbo et le ministre Bohoun Bouabré dans "l'affaire Kieffer". Quel est l'avis du président du PIT sur cette affaire ? Et également que pensez-vous du fait que les bailleurs de fonds rechignent à financer les élections ?
L'affaire Kieffer est une affaire bien connue maintenant. La procédure a été ouverte et elle suit son cours. Notre point de vue, c'est que toutes les affaires quelles qu'elles soient doivent être réglées en toute justice de sorte que tous ceux qui sont de près ou de loin mêlés à l'affaire qui doivent être entendus doivent l'être dans le seul souci de faire éclater la vérité. Et une fois que la vérité est connue, que les décisions sont prises, il importe de les appliquer. Mais avant que la justice n'ait tranché, peut-être que tout à l'heure, j'en parlerai, il y a un principe essentiel dans un Etat de droit qui consiste à tenir pour innocente toute personne jusqu'à ce que par voie de justice, sa culpabilité ait été établie. Donc, il faut que la justice suive son cours sans discrimination aucune, qu'on réunisse les preuves et qu'on prenne les décisions appropriées. C'est ce que je peux dire. Donc je vais dépersonnaliser pour poser un problème général que ce soit celle-ci ou celui-là, dès lors que l'entendre est une condition de la manifestation de la vérité, il faut y aller.
Pour ce qui est des élections, tout à l'heure dans le texte, nous avons dit que les élections en particulier l'élection présidentielle et les élections législatives sont les élections politiques manifestant la souveraineté de l'Etat. Dans les conditions normales, il appartient à chaque Etat de prendre en charge les exigences de préparation, l'organisation et le déroulement des élections. De même que nous n'acceptons pas de voir les élections en Côte d'Ivoire concernant les dirigeants ivoiriens soient organisées par l'extérieur. On m'avait posé la question en son temps s'il fallait confier à l'ONU le soin d'organiser les élections en Côte d'Ivoire. Le PIT a été ferme en disant qu'il ne peut, en aucune manière, appartenir à qui que ce soit, ni à un Etat, ni à une organisation internationale quelle qu'elle soit d'organiser les élections en Côte d'Ivoire pour les Ivoiriens. Cela signifie que les Ivoiriens doivent organiser leurs élections. Et l'accord de Ouagadougou a été donné comme un accord inter ivoirien. Encore qu'on ait à redire. Un accord inter ivoirien, ça signifie quoi ? Ça signifie que ceux qui ont pris la décision veulent renvoyer aux Ivoiriens le soin d'organiser les élections. Toute situation illogique interne, dès lors qu'on estime que le règlement de la situation incombe aux ivoiriens, il doit revenir aux Ivoiriens de se donner les moyens d'appliquer des dispositions contenues dans l'accord ainsi conclu. Donc pour nous, au lieu de regarder à l'extérieur et de se reposer sur l'extérieur, du souhait de régler des problèmes qui nous appartiennent et de dire que si les bailleurs de fonds ne donnent pas les fonds, l'élection est bloquée. Elle est bloquée pour qui, pour les bailleurs de fonds ou pour la Côte d'Ivoire. Alors si on tient pour sérieuse une telle élection, il faut la prendre au sérieux. Et nous, nous pensons que les Ivoiriens doivent maintenant chercher en Côte d'Ivoire les moyens pour organiser les élections. On ne peut pas se réfugier derrière le fait qu'on n'a pas reçu les fonds de l'extérieur pour dire que le processus est bloqué. Donc il faut sérieusement voir comment nous allons dégager des fonds et des fonds existent en Côte d'Ivoire. C'est une question de priorité. Alors il faut trouver la bonne formule et la concertation que nous préconisons, nous avant les élections doit permettre de dégager les solutions appropriées pour que les Ivoiriens se sentent concernés. Qu'ils constatent que les décisions viennent de l'ensemble des Ivoiriens et non de deux ou trois personnes. Pour prendre des engagements, pour les tenir, pour les mettre en œuvre, dans le texte, j'ai dit qu'il faut que nous soyons prêts à faire des sacrifices pour la paix. Que nous soyons prêts à apporter nos contributions à l'organisation des élections. Que chacun puisse donner qui 100f, qui 1600f, qui un million, qui un milliard pour que les sommes puissent être réunies pour que les élections se tiennent.
Voulez-vous dire que l'Etat peut lancer un appel à la population pour que celle-ci cotise ?
Cela l'implique mais il faut le faire sérieusement. Il ne faut pas le faire de manière unilatérale. Si nous devons donner des fonds, il faut que nous décidions ensemble, que nous contrôlions l'utilisation des fonds, qu'il ne soit pas détourné et qu'il ne soit consacré qu'à l'organisation des élections. Sous la forme de don volontaire ou d'emprunt obligataire, tout cela demande à être étudié pour voir quelle est la meilleure formule. Mais moi, je considère qu'on ne peut pas se réfugier derrière le comportement des bailleurs de fonds pour dire que les élections n'auront pas lieu. Cette mentalité-là doit disparaître en nous. Trop souvent, les pays du 1/3 monde se plaignent. Ils sont victimes du néo-colonialisme, ils sont victimes des pressions politiques extérieures et puis chaque fois on se tourne vers l'extérieur pour chercher les moyens. Quel est cet homme libre et digne qui ne veut pas voir les autres régler ses problèmes et qui chaque fois fait la mendicité pour avoir les moyens de se prendre en charge. On est la souveraineté de l'Etat dans ces conditions-là ? Il faut être sérieux, c'est un problème extrêmement grave, il faut être sérieux. Alors il faut éviter le gaspillage. La confusion qui règne ici et là pour dégager les fonds et pour les mettre à la disposition de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens pour régler ces problèmes-là. On ne doit pas constamment regarder les autres. Il faut commencer par soi-même.
Barthelemy Kouamé (Frat-Mat)
Considérez-vous que le fait que la justice française convoque des personnalités ivoiriennes dans "l'affaire Kieffer" va impacter négativement le processus de sortie de crise. Ces derniers temps, on parle beaucoup d'un éventuel remaniement ministériel. Est-ce que le PIT a été consulté par le chef du gouvernement ou le chef de l'Etat pour la formation de ce gouvernement ? On parle de gouvernement restreint avec l'absence de membres de partis politiques. Est-ce qu'au PIT, vous êtes pour cette formule ?
"L'affaire Kieffer", il faut la mettre là où elle doit être. Il ne faut pas la banaliser, il ne faut pas non plus dramatiser et je ne crois pas que cette affaire constitue une menace, pour le processus de paix. Les personnes dont on dit qu'elles sont invitées à témoigner doivent témoigner. Elles ne sont pas mises en cause. Elles seront entendues en tant que témoins. Et ces personnes disent d'ailleurs n'avoir reçu aucune convocation. Donc laissons les choses et occupons-nous de ce que nous devons faire. Laissons aux juges le soin de régler ce problème et nous, partis politiques, hommes politiques, nous nous occupons des problèmes politiques, des problèmes généraux pour créer les conditions d'Etat normal. Alors, pour le remaniement ministériel, la rumeur circule. Elle nous est parvenue, nous n'avons pas d'informations. Personne n'a pris contact avec le PIT pour parler du remaniement ministériel ou bien pour solliciter le PIT. Alors un gouvernement sans partis politiques, qu'elle est la logique de cette affaire ? Je suppose que l'idée c'est de faire en sorte que ce gouvernement qui est un instrument de réalisation des objectifs définis par les divers accords soit à l'abri des considérations électoralistes et politiques pour que les partis politiques n'utilisent pas les moyens de l'Etat à des fins autres que la mission qui leur a été confiée qui est celle de regler les problèmes pour ramener la paix. Il y a quelque temps et nous n'avons pas encore renoncé à cette idée, nous avons dit que nous sommes dans le cadre d'une transition. Il importe de faire en sorte que ceux qui vont conduire la transition n'aient qu'une mission et qu'une seule. Celle consistant à régler les problèmes liés à la transition, à créer les conditions de la paix et à s'en donner les moyens. Il faut donc écarter tous ceux qui sont des candidats déclarés ou des candidats potentiels. Et tous ceux qui dirigent la transition doivent être déclarés inéligibles pour ne pas se servir de leur position pour fausser le jeu électoral. Donc ni le chef de l'Etat, ni le Premier ministre ne peuvent être candidats. En tant qu'acteurs principaux de la transition. Si c'est l'idée qui prévaut et qui soutient ce remaniement ministériel, il faut aller jusqu'au bout de la logique. Donc on attend de voir et puis on verra. Pour le moment, il n'y a rien à voir. Les choses restent en l'état et nous verrons. Mais si les élections n'ont pas lieu le 30 novembre 2008 qu'est-ce qu'on fait ? On fait quelque chose en tout cas mais on fait quoi ? Le PIT avisera si l'élection n'a pas lieu, les choses ne vont pas continuer leur train train quotidien. Ça sera un moment majeur. Il faudra prendre des dispositions, lesquelles, nous le ferons en concertation avec d'autres. Donc voilà ce que je peux dire pour le moment. Ça fait un peu politique fiction. Attendons de voir. Quand on aura des données, on en rediscutera.
Ignace Kacou (Radio CI)
Merci M. le président pour votre intervention parce que le PIT est le premier parti politique à se prononcer sur l'augmentation du prix du carburant. Mais monsieur le président, je voudrais savoir si au PIT vous n'avez pas vu cette "tornade" arriver. Qu'a fait le PIT pour que cela n'arrive pas ? N'est-ce pas trop tard que vous intervenez aujourd'hui ? Vous ne cessez de parler de la concertation nationale mais sans suite. Menez-vous des actions sur le terrain ou avez-vous rencontré le chef de l'Etat pour que votre idée soit mise en application ? Vous annoncez votre candidature aux élections présidentielles au moment où on parle de la cherté de la vie. Que proposez-vous pour la réduction du coût de la vie en Côte d'Ivoire ?
Je commence par la fin. Il faut dire que je n'ai pas déclaré ma candidature. C'est le PIT qui a désigné son candidat qui l'annonce à l'opinion. Donc je ne suis pas le candidat de Wodié, je suis le candidat du PIT. La deuxième idée, qu'est-ce que nous avons fait ? Mais pour le moment, en temps que parti politique et soucieux de la paix, nous appelons les dirigeants à la responsabilité. Si c'était le PIT qui décidait, logique avec lui-même, il n'aurait pas pris de décision unilatérale pour consulter les gens après coup, pour quoi faire ? C'est le médecin après la mort. Donc il faut organiser les discussions avant de prendre les grandes décisions, de manière qu'on aboutisse à des décisions consensuelles. Nous sentions venir la chose mais nous pensons que ceux qui décident auraient eu assez d'intelligence et de flair politique pour éviter de prendre certaines décisions. Qui, visiblement, pénalisent les Ivoiriens. Déjà la crise a appauvri les Ivoiriens. En augmentant le prix du carburant, il y a des répercussions dans le secteur de la consommation d'une manière générale, des transports. D'une manière générale, le pouvoir d'achat des Ivoiriens s'affaisse. Donc les Ivoiriens s'appauvrissent. Et quelles mesures d'accompagnement ont été prises ? En notre connaissance, rien. Donc l'idée qui a été déjà proposée par les travailleurs eux-mêmes c'est de revaloriser le salaire des travailleurs en relevant le SMIG par exemple. Et en relevant le salaire de tous les travailleurs. Le gouvernement doit pouvoir subventionner les produits de première nécessité pour stabiliser les prix, dans l'intérêt des consommateurs de la Côte d'Ivoire, pour que la demande puisse fonctionner. Mais d'autres mesures existent que nous aurions prises avec les autres et de manière consensuelle. Le relèvement est très haut au-delà de l'augmentation du prix du baril sur le marché international. L'Etat aurait dû détaxer un peu les prix ici, c'est-à-dire réduire les taxes qui frappent le carburant. On nous dit que les réserves sont suffisantes et que le prélèvement de 6% aurait pu ne pas intervenir actuellement. Donc il y a des mécanismes qu'on peut étudier pour, ou ne pas relever les prix ou alors les relever à un niveau assez bas. De tout cela, on aurait dû discuter. Non de manière bureaucratique mais de manière démocratique. La concertation nationale, est-ce que nous en parlerons avec le chef de l'Etat ? Je rappelle pour les plus jeunes qu'en 1990, nous avions formé la coordination des partis de gauche dont le PIT, le FPI. Les deux autres étant l'USD et le PSI. Nous avons tenu des conférences de presse à la veille des élections présidentielles pour dire que si la concertation n'a pas lieu, nous, les partis de gauche, nous n'irions pas aux élections. Mais non seulement nous n'irions pas aux élections mais il n'y aura pas d'élections du tout. Et Gbagbo était le porte-parole de la Coordination et c'est lui qui a parlé au nom de la Coordination. Donc il n'est pas un nouveau venu. Il est informé, il est au courant. Alors est-ce qu'être au pouvoir aujourd'hui a fait que les choses ont changé ? Peut-être mais nous nous ne sommes pas encore au pouvoir et continuons de croire dans la nécessité de la concertation nationale. En système de monarchie, on décide seul. En démocratie, on décide ensemble. C'est une logique élémentaire dont chacun devrait être pénétré. Tout démocrate. Encore plus tous ceux qui disent être des hommes de gauche. Donc nous pensons qu'il faut continuer à poursuivre l'idée de la concertation, le dialogue. Nous avons dit en 90 ou bien c'est le dialogue, la concertation nationale ou bien c'est la violence. On a refusé la concertation nationale, il y a eu la violence avec le sommet. Septembre 2002 en passant par le boycott actif, par le coup d'Etat etc. Est-ce qu'on n'est pas assez intelligent pour ne pas l'avoir compris ? Est-ce que nous sommes trop intelligents nous au PIT ? Je ne crois pas, nous sommes des hommes et des partis ordinaires mais qui réfléchissons un tout petit peu savoir comment on peut régler les problèmes pacifiquement pour ne pas avoir à créer des motifs, des prétextes d'affrontements. Pourquoi on ne comprend pas cela ? Je m'étonne, nous nous étonnons. Alors il y a des gens qui n'ont pas intérêt à cela peut-être mais en tant qu'individu. Mais l'intérêt général c'est bien dans ce sens-là. Il faut qu'on se parle pour savoir ce que chacun pense. Quelle est la solution pour l'un, quelle est la solution pour l'autre, quelle est la solution pour nous tous. Qu'on dégage à travers la concertation ? Il n'y a pas d'autre voie selon nous. Donc si vous y croyez avec nous, il faut appuyer cela. Même si vous n'y croyez pas, vous devez appuyer en tant que présentant de la conférence de presse du PIT. Donc nous comptons sur vous pour mettre l'accent sur la concertation, le dialogue comme le moyen d'éviter les affrontements. Vaut mieux prévenir que d'avoir à guérir. Et au PIT en tout, en politique, en santé, en économie, il faut toujours prévenir. Les choses se font avant et non après coup.
Paul Koffi ("Le Nouveau Réveil")
M. le président, vous avez abordé en partie ma question. Vous avez dit que l'accord de Ouaga est en train de connaître ses limites. Si les élections n'ont pas lieu le 30 novembre, quel est le schéma que le PIT propose concrètement ?
Le PIT propose d'abord pour le PIT. Notre position est connue. Mais le PIT propose pour la Côte d'Ivoire, pour tous les Ivoiriens. Mais le PIT est un parti parmi tous les autres partis politiques. Et la solution du PIT peut ne pas être la solution retenue par les autres. Or tous, nous voulons faire en sorte que nous sortions de la crise. Nous avons dit que les élections dans les conditions où elles ont eu lieu, ont été la porte d'entrée dans la crise. Les élections peuvent être la porte de sortie de la crise. A condition qu'il s'agisse d'élections régulières, d'élections acceptables, parce qu'il n'y aura pas de volonté de tricherie. Les chances seront les mêmes pour tous. Si les élections n'ont pas lieu le 30 novembre, cela rend encore plus nécessaire la Concertation nationale. Il faut que nous en parlions et avant même, si nous nous rendons compte que les choses ne marchent pas. Parce que au PIT, nous disons qu'il faut que la concertation ait lieu avant le 30 novembre. Le Premier ministre semble aller dans ce sens. Cela reste à clarifier. Le PIT et d'autres partis politiques semblent avoir accepté l'idée. La société civile est le moteur de l'affaire. Quand viendra ce temps, et déjà nous sommes en rapport avec la société civile, nous irons, nous, à cette concertation. Tous ceux qui voudront de cette concertation seront présents, pour que nous puissions dégager ensemble le consensus minimal qui règle les problèmes majeurs, économiques, socio-politiques. Alors, ce problème des élections va se poser nécessairement. Faudra-t-il une nouvelle transition si les engagements pris ne sont pas respectés ? Parce que nous refusons le prétexte du financement extérieur. Il faut trouver les solutions. On peut les trouver ici. Alors si l'élection n'a pas lieu qu'est-ce que nous faisons ? Il faut que nous en parlions, qu'on y pense déjà. Une nouvelle transition avec qui ? On laisse les gens continuer comme ils ont commencé ? A vous de décider. Si nous sommes satisfaits de la situation actuelle, nous allons décorer ceux qui sont au pouvoir actuellement. Etant donné qu'il n'y a pas d'élections, on les décore. Ils auront mérité de la nation. Ce sera la volonté du peuple ivoirien. Si on n'est pas satisfait, si nous ne sommes pas satisfaits, nous verrons quelles décisions il importe de prendre. Pour le moment, le PIT n'a pas encore pris de décisions, parce que le PIT continue à espérer que malgré tout, l'élection présidentielle aura lieu effectivement le 30 novembre 2008. En ayant mis en garde pour dire si nous allons à ce rythme-là, nous n'arriverons jamais à ce 30 novembre. Il faut accélérer le rythme sans se précipiter, par des élections régulières, acceptables.
Jean Claude Coulibaly (Le Patriote)
M. le président, vous avez dit tout à l'heure que la date du 30 novembre doit être maintenue. Et dans toutes vos déclarations, vous demandez la concertation nationale. Vous estimez que cette concertation nationale est nécessaire avant les élections. Or où cette formule a été expérimentée, on se rend compte qu'il y a eu plus de temps, parfois sur plusieurs mois. Alors que nous sommes à cinq mois des élections. N'êtes-vous pas en contradiction avec vous-même ?
Peut-être que dans les jours qui viennent, nous pourrons vous faire parvenir nos documents sur la concertation nationale. Mais je peux vous dire dès maintenant que pour nous, cette concertation nationale doit prendre au maximum un mois, pas au-delà. Et on doit pouvoir la tenir. C'est pour prévenir les problèmes qu'on sent déjà, qui se posent déjà. Ce sont ceux qui n'ont pas de nez qui ne sentent pas ce qui arrive. Mais il y a des choses qu'on sent. Quand ça sent le brûlé, on sent déjà. Il faut commencer à voir comment l'éteindre. Parce que tout ce qu'on voit à Vavoua, Séguéla et autres, on parle de primes. Mais il n'y a pas que les primes. C'est des problèmes politiques souterrains. Alors si on soigne la plaie en surface, on ne la guérira jamais. Il faut savoir ce qu'il y a en dessous. En écoutant radio ONUCI, j'ai appris qu'il y a un représentant de IB à Ouaga pour le Comité d'évaluation et d'accompagnement. Qu'est-ce qu'il y fait s'il y est ? Qu'est-ce que ça signifie ? On établit la connexion entre IB et Zacharia. Qu'est-ce qui se passe ? Tout cela demande à être élucidé. Nous sommes parti comme ça en 2002. On disait ceci, on disait cela. On nous rassurait en disant aujourd'hui, on a les armes pour bouter dehors n'importe qui. Celui qui va oser s'attaquer à la Côte d'Ivoire va le regretter. Et puis voilà, comme dans du beurre, les jeunes sont venus, ils sont rentrés dedans. Donc on manque parfois de vigilance et de flair. On est grisé par le petit succès qu'on a ici et puis on dit tout est réglé. Et puis, on commence à s'endormir. Et on est surpris. Nous ne devons plus nous laisser surprendre par qui que ce soit. C'est une situation difficile. Et on pense déjà aux dispositions à prendre pour éviter le naufrage. C'est pour cette raison que nous pensons que la solution de la Côte d'Ivoire n'appartient à aucun Ivoirien en particulier. Elle appartient aux Ivoiriens dans leur ensemble. Voilà pourquoi nous voulons les rassembler pour qu'ils trouvent les solutions appropriées en ayant posé le diagnostic. S'il n'y a pas un bon diagnostic, il n'y aura pas de médicaments appropriés. Le remède sera inefficace. Or est-ce qu'ils sont de bons médecins ceux qui nous dirigent actuellement ? Je ne sais pas. Voilà donc la situation et il est bon de s'en préoccuper.
Diarrassouba Sory (Le Nouveau Réveil)
Sur l'enquête ouverte dans la filière café-cacao, vous avez dit que ça ne doit pas être une affaire électoraliste. Pouvez-vous être un peu plus clair ? Qu'est-ce que vous craignez dans cette affaire ?
D'abord, nous avons dit que nous assistons au spectacle de l'opération "Mains propres". Ce n'est pas innocemment que nous parlons de spectacle. Parce que ce qui importe comme nous l'avons noté, c'est de faire en sorte que les choses se passent en toute sérénité et sérieusement. Un problème important, des hommes et des femmes sont concernés. Il s'agit de rechercher les faits, de les établir et de prendre les mesures en conséquence. Le fait de placer sous mandat de dépôt systématiquement les gens, ne nous paraît pas être une bonne solution. Parce que nous sommes en Afrique. Et dès lors qu'on se retrouve à la MACA, on est sali, atteint dans son honneur. Et si par la suite, on est innocent, on est quand même atteint dans son honneur. Donc il y a des conditions pour placer les gens sous mandat de dépôt, en ayant reconnu et respecté le principe de la présomption d'innocence. Deuxième point, c'est qu'on veut lutter contre la corruption, contre les détournements, contre le faux. Il faut, dès maintenant, prendre des mesures pour que les détournements ne continuent pas d'une manière ou d'une autre. Au lieu d'offrir le spectacle des gens qu'on arrête à l'appel, il faut prendre des mesures pour arrêter les détournements, la mauvaise gestion et récupérer ce qui est encore possible, ce qui reste encore. Dans un pays voisin, la lutte contre la corruption a permis de dégager près de 40 milliards. L'Etat a récupéré près de 40 milliards. Un Etat qui est censé avoir moins de potentialités que la Côte d'Ivoire. Et c'est une voie devant nous permettre d'avoir les moyens pour organiser les élections. Donc, il ne faut pas offrir le spectacle des gens qu'on arrête, qui sont des "patriotes". Ce n'est pas moi qui le dis. Nous étions des rebelles, ils étaient des patriotes. Alors aujourd'hui où est la patrie ? Elle s'est déplacée ? Moi, je pense que quelle que soit la situation, il faut marquer de la mesure et de l'impartialité en respectant la dignité des gens. Mais en prenant des mesures qui s'imposent dans le sens de l'assainissement, du redressement de la situation. Et comme je l'ai dit, la moralisation est un terme majeur pour le PIT. Lorsque j'étais député du PIT à l'Assemblée Nationale, j'ai déposé une proposition de lois contre la corruption et l'enrichissement illicite en 1993. Les tenants du pouvoir à l'époque n'ont pas daigné saisir l'Assemblée Nationale. C'est resté dans les tiroirs du bureau de l'Assemblée Nationale.
Donc la lutte contre la corruption est une vieille affaire. Mais quand des partis de gauche arrivent au pouvoir, il faut lutter efficacement en toute justice, contre la corruption. Parce que la corruption ruine le pays. Le racket procure, on dit, entre 95 et 150 milliards. C'est énorme. Et le racket apparaît comme une institution aujourd'hui avec des ramifications, des complicités ici et là. C'est une affaire de société. Et personne n'est capable de lutter efficacement contre le racket. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Il faut qu'on en parle ouvertement. Ceux qui en profitent, ceux qui organisent, il faut qu'on en parle. Qu'est-ce qu'il faut pour arrêter cela ? Il faut revaloriser les traitements ? Il faut améliorer les conditions pour que les gens n'aient pas recours à cela ? Peut-être. Il faut trouver des solutions pour en finir. Cela nous déshonore tous.
Le pétrole, tout à l'heure, j'en parlais aussi. On ne voit pas clair dedans. C'est opaque. On dit, on a 50.000 barils par jour, on dit 60.000 on dit 100.000, on ne sait pas où on en est. Et qu'est-ce qu'on en fait ? Nous disons, il faut que le chef de l'Etat nous situe si on a du pétrole ou pas. Il y a plusieurs puits ici et là. Là aussi, je crois qu'après appel d'offres, je ne sais, mais ça parait là aussi un peu flou. Combien on a de barils de pétrole ? Est-ce que ça correspond à la consommation interne ? Sinon à quelle hauteur ? Est-ce qu'on exporte ? Quelles sont les recettes ? Est-ce qu'on ne pourrait pas dégager une partie de ces recettes pour financer les élections ? Il faut qu'on en parle un peu. La démocratie, c'est la transparence. C'est le jour, ce n'est pas l'obscurité, la nuit. Il faut voir clair.
Accompagnant le pétrole, il y a le gaz aussi. Donc, il y a des richesses et des potentialités qui existent également. On doit savoir les exploiter. Alors la fin électoraliste, ou les relents électoralistes, j'en ai parlé sur le mode interrogatif. Mais le fait que cela vienne maintenant seulement, à la veille des élections amène à s'interroger effectivement. Alors qu'on l'approuvait plus ou moins il y a quelques mois seulement, aujourd'hui, on s'attaque non pas aux choses, mais même aux hommes. C'étaient des piliers du système. C'est une affaire interne peut-être, mais c'est l'affaire de la Côte d'Ivoire. Alors certains disent, est-ce que le Chef de l'Etat candidat, n'est pas en train de vouloir se faire une virginité politique pour se donner une nouvelle image ? Peut-être ! Alors je n'en dirai pas davantage. J'ai des choses à dire mais je n'en dirai pas davantage aujourd'hui. On en parlera plus tard. Parce qu'on n'est pas en campagne pour le moment. Quand on sera en campagne, des choses vont sortir.
Propos recueillis et retranscrits par Diarrassouba Sory et Paul Koffi
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