Une récente enquête menée dans les formations politiques de la Guinée, approuve que la quasi-totalité de nos leaders politiques est loin de satisfaire les ambitions des populations. Cette remarque pertinente part d’un double constat : Primo, les leaders du pays avaient dès le début, raté les objectifs réels de la démocratie pluraliste.
Au lieu des partis politiques fondés sur les programmes de société qui aideraient le pays à avancer concrètement, ils ont plutôt formés des formations politiques à couleur ethnocentrique. Cela a été une erreur monumentale dont les conséquences sont ressenties aujourd’hui encore. Secondo, au fil du temps, ils ont tous un âge très avancé, qui ne leur permet plus de refaire leur conviction politique. Le trop tard a joué. Que faut-il envisager maintenant ? C’est de se remettre en cause et laisser la place aux leaders de jeunes qui pourront corriger les erreurs du passé.
Certes, on dira qu’en politique, il n’y a pas une question d’âge, de couleur ou de sexe. A plus forte raison de religion. C’est démontré et c’est cela la vérité. Mais une vérité qui ne peut justifier qu’à travers un programme de lutte politique qui a fait avancé le pays vers un idéal politique bien apprécier par les populations.
L’exemple du Président Sénégalais, Abdoulaye Wade en est vraiment une illustration. Il a été élu démocratiquement au pays de la Téranga quand il a dépassé la soixantaine.
D’autres exemples vivant foisonnent dans d’autres pays, dans d’autres continents. Soit. Le cas de la Guinée, qui est la case commune intéresse tous les guinéens, même si c’est le contraire qui s’est produit et qui nous oblige à mettre à la réflexion de l’ensemble des populations. En effet, d’après une enquête récente menée au sein des formations politiques que nous avons et continuons de soutenir, il est établi que les leaders charismatiques dépassent largement ou à peu près, l’âge de la retraite.
Prenons par exemple Bâ Mamadou (UFDG), Jean Marie Doré (UPG), Dr. Sékou konaté (PUP), Charles Pascal Tolno (PPG), Pr. Alpha Condé (RPG), Sidya Touré (UFR), pour ne citer que ceux-là, avoisinent la 70e année de leur existence. Comme on l’a dit un peu plus haut, l’âge ne détermine pas la position ou le choix politique. Mais jusqu’à un certain degré, l’âge peut bien amené la certitude dans le combat politique.
En Guinée, ce qui oblige à soulever toutes les préoccupations actuelles est que nos leaders politiques sont tous fatigués. Partant ils n’ont plus la même conviction politique que leurs petits frères d’aujourd’hui, qui voient le problème sous un autre angle. Les temps ont changé, le progrès technologique nous a mis sur un autre chemin. La vérité d’hier de ces leaders n’est plus celle d’aujourd’hui.
Les populations guinéennes qu’ils appellent de tous leurs vœux, pour les soutenir ne sont plus sur la même longueur d’onde. Surtout la population jeune, qui trouve en eux que des responsables politiques dépassés, ou des leaders politiques de l’autre siècle. La démocratie autour de laquelle nous nous réclamons tous est en nette progression. Que faut-il faire ? Il faut aller avec elle, sinon rien ne peut être arrangée.
Les leaders guinéens doivent donc comprendre cette avancée graduelle et se remettre en cause. On ne vient pas en politique pour être figée sur la liste et dire que voilà, j’ai inscrit mon nom dans l’histoire. Il faut bien le faire et d’une manière positive. Ce n’est pas une façon de dire que les leaders guinéens n’ont rien ajouté à l’histoire guinéenne. Non, ils ont fait ce qu’ils ont pu faire. Mais en tant que tel, ils n’ont laissé à la prospérité que des erreurs monumentales.
Des erreurs négatives qui n’ont laissées aux générations futures que la désunion, le laisser – aller, la haine et la désolation. Pourquoi nous le disons ? C’est par ce qu’au lieu des partis politiques fondés sur des programmes de société, qui allaient conféré à la Guinée, un grand pas en avant, ils ont fabriqué leur parti sur des bases ethnocentriques.
Un guinéen de la Moyenne Guinée voit difficilement se regrouper avec son frère de la Basse Guinée autour d’un idéal commun, au profit de la Guinée. Et c’est pourquoi toutes les luttes pouvant concourir au progrès national ont lamentablement échouée. Cette tare qui s’est transformée en comportement s’est reflétée dans la société toute entière. Aussi dans l’administration guinéenne. Un citoyen de la Moyenne Guinée a en tête qu’il ne doit aider que son frère de la même région. A telle enseigne que la division s’est enracinée fortement dans le pays. Au lieu de l’unité de tous les guinéens, autour d’une même conviction, le fléau aidant, a conduit aux disparités ethniques. D’où l’échec prononcé des nobles idéaux de progrès de la Guinée.
Guinéens, jugez – en.
Auteur: Mohamed Damba
Correspondant Kabanews Conakry
Publiée sur kababachir.com le: 2008-07-12