La mort du journaliste Moussa Mara ou le déclin de la révolution initiée par l´ambassadeur Hadiatou Show á l´ambassade de la République de Guinée á La Havane.
Nous vous livrons la version authentique et confidentielle de la mort du journaliste culturel Moussa Mara, selon sa dernière volonté: Contrairement au montage de notre ambassadeur et docteur Dioubaté, la cause de la mort de Moussa Mara n´est pas un simple arrêt cardiaque sinon, le paludisme et la négligence due au bureaucratisme de ceux qui ont inventé ce rapport.
Responsabilité partagée entre le chef de la délégation guinéenne au Cuba-disco 2008 et l´ambassadeur de la République de Guinée á La Havane.
Ce témoignage est un éclaircissement sur la mort prématurée de ce jeune journaliste. Cette déclaration pourra être considérée par beaucoup comme une révélation et pour d´autres une indiscrétion ; je ne sais quoi encore… Pour ma part, je considère comme un devoir de tout citoyen de dire la vérité sur un évènement vécu personnellement de façon tragique á cause de la négligence des vrais décideurs et surtout une conséquence du formalisme bureaucratique trop exagéré de madame l´ambassadeur.
Notre administration doit changer de méthode de travail pour éviter la répétition des erreurs de ce genre. Les exemples ne manquent pas, certains hauts cadres guinéens qui ont effectué des séjours sanitaires á La Havane dans ces derniers temps ne diront pas le contraire. Le cas Amara Touré « Pélé », le récent accident de circulation du jeune Soumah entre autres sont des exemples vivants.
Arrivée á La Havane le mardi 20 mai dernier comme membre de la délégation guinéenne qui a participé au Cuba-Disco 2008 , monsieur Mara présentait déjà des signes de fatigues suivies de céphalées, de fièvre et de vomissement. Moi personnellement je l´ai vu pour la première fois le jeudi 22 mai au bureau de notre conseiller politique dans un état critique. Aussitôt, j´ai couru sous l´ordre de ce dernier á la pharmacie la plus proche pour lui trouver du Panadol dans le but de soulager ses maux, après consultation d´un médecin par téléphone. Au moment de notre séparation, il m´avait demandé de lui trouver une puce pour communiquer. Mais déjà il vomissait dans la voiture qui transportait la délégation guinéenne á la résidence de notre ambassadeur.
Cependant, aucune disposition n´avait été prise pour son hospitalisation malgré cet état de santé. Selon certains, la peur de le voir être mis en quarantaine par les autorités sanitaires cubaines. Mais quant á moi la raison essentielle est la peur de payer les frais d´hospitalisation d´un jeune qui n´est ni proche ni parent de « la dame de fer ». Donc la stratégie était l´automédication jusqu´á son retour au pays sans consulter un médecin pour connaître les vrais diagnostics. Mara était resté presque abandonné dans sa chambre d´hôtel.
Lors de ma visite á l´hôtel le samedi 24 mai aux environs de 16heure, les travailleurs de cette installation m´ont accueilli avec ses mots « Gracias por venir, el señor de la habitación 3 esta muy mal y no hay nadie para cuidarlo, estuvimos dandole masaje para aliviar sus dolores. » Traduit, «heureusement que tu es venu, le monsieur qui occupe la chambre numéro 3 est dans un état très critique et il n´y a personne á côté de lui, nous étions obligés de lui donner un peu de massage pour alléger ses douleurs ».
Pendant ce temps, son chef de délégation docteur Dioubaté se reposait tranquillement en face dans la chambre numéro 4.
A deux dans sa chambre Mara et moi avons reçu un coup de téléphone du chargé des relations internationales du ministère cubain de la culture déjà alerté par les travailleurs de l´hôtel « el Laguito ». Mon ami fatigué et aussi limité par la langue, m´a chargé de répondre á l´appel. Au cours de cet entretien, le fonctionnaire cubain me demandait de le convaincre pour qu´il aille á l´hôpital, car il parait qu´il avait peur d´y aller á cause de la décision de l´ambassadeur. Je leur ai demandé de me donner cinq minutes pour causer avec lui. Mara m´a dit d´aviser l´ambassade et non son chef de délégation, car selon lui, ce dernier se réjouissait de son mal ; et aussitôt, j´appela le consul, monsieur Kaba. Avant son arrivée á 16h 30mn, les cubains avaient déjà envoyé une voiture pour son évacuation dans un centre hospitalier « CIMEQ ». Mais á cause de la rigueur de la hiérarchie imposée ici, monsieur Kaba s´est rendu á la résidence pour aviser madame l´ambassadeur, quand á mon ami et moi, nous étions obligés d´attendre jusqu´a 20h 30 pour que l´ambassadeur autorise monsieur Seck, son conseiller politique qui est venu nous accompagner á l´hôpital, pendant ce temps le chauffeur du taxi du ministère de la culture dormait dans la voiture après plus de 4 heures d´attente.
C´est prudent de signaler qu´à la résidence toutes ces pertes de temps était dues á la recherche d´un bouc émissaire entre l´ambassadeur et ses fonctionnaires, pour connaître la personne qui a avisé le ministère de la culture sur la maladie de monsieur Mara contrairement á leur plan ou stratégie cité plus haut ; au lieu de prendre des mesures d´urgence pour sauver la vie de ce jeune délégué. Finalement c´étais moi le coupable éventuel pour le simple fait d´assister á un ami malade sans être diplomate, selon les reproches du conseiller politique á son arrivée quand il s´est adressé á moi en ces termes : « mais qui a avisé les cubains ?
L´ambassadeur est très énervée par ce que ce ministère connaît le téléphone de l´ambassade, donc il ne devrait pas envoyer un véhicule sans son consentiment. Même toi, elle cherche á savoir qui t´a autorisé de venir ici, mais je lui ai dit que vous êtes des amis de longue date...» Ma réaction n´a pas tardé. Je voulais savoir ce que l´ambassadeur veut ; son titre ou sauver la vie de ce compatriote ?
Sous ce choque, nous nous sommes déplacés á trois accompagnés d´un guide cubain pour l´hôpital aux environs de 21h. C´était la première visite médicale de monsieur Mara. L´observation et les études ont duré plus de trois heures. A notre retour le médecin de garde avait suspendu l´automédication tout en nous demandant de revenir le dimanche pour son hospitalisation et les études pour la recherche du vrai diagnostic avant d´ajouter « Vous pouvez revenir cette même nuit au cas ou le patient continuait sa crise ».
A trois nous avons déposé Moussa Mara et personnellement je l´ai accompagné dans sa chambre d´hôtel. Aussitôt j´ai cherché á rejoindre la maison car il faisait tard.
Le dimanche 25 mai, aux environs de 14h je l´ai joins au téléphone pour savoir s´il était déjà á l´hôpital. A ma grande surprise il se trouvait encore á l´hôtel tout en me demandant de venir vite á ses côtés en ces mots « Viens vite, ne tardes plus... ».
A cause des difficultés de déplacement, je suis arrivée vers 16h et je l´ai vu dans un état très alarmant. Sans plus tarder, j´ai appelé directement notre consul, monsieur Kaba pour lui dire de venir rapidement et entre temps, l´un des chauffeurs de l´ambassade est arrivé dans le but de le chercher et le déposer á la résidence. Mais vu son état, j ´ai demandé au chauffeur d´aller dire á l´ambassadeur que le lieu idéal de Mara en ce moment n´est ni une chambre d´hôtel ni une résidence de luxe ; mais plutôt, un lit d´hôpital.
Néanmoins, J´ai habillé monsieur Mara tout en lui demandant de se lever pour joindre la résidence, mais son état ne lui permettait pas. C´est ainsi que le chauffeur lui même a pris le téléphone pour dire á monsieur Kaba de venir rapidement.
A son arrivée d´abord il a été très impressionné par l´état de santé de Mara; mais, je pense qu´il s´est méfié á cause de son expérience vécue lors du cas d´Amara Touré « Pélé », quand il m´a dit « …Cécé, tu sais que tu risques d´avoir des problèmes dans cette affaire ?
Docteur Dioubaté, le chef de la délégation se demande de quoi tu te mêles et d´ailleurs il m´adit de t´aviser que tu es convoqué á la résidence ce soir » En réponse, je lui ai dit que ma priorité c´est de sauver la vie de Moussa Mara et après j´irai les voir á l´ambassade. Sous le coup, Monsieur Kaba a téléphoné á l´ambassadeur, mais après leur entretien je l´ai vu très dégoûté, son visage résumait tout ; c´est ainsi qu´il a appelé monsieur Seick, car il était chargé d´accompagner cette même soirée un guinéen qui était au point d´être expulsé de Cuba.
Monsieur Seick á son tour a puis joindre l´ambassadeur qui l´a autorisé d´accompagner Mara á l´hôpital. Je suis allé avec lui, mais tellement qu´il avait peur d´avoir des problèmes avec l´ambassadeur á cause de son opposition contre ma présence á côté du malade, monsieur Seick m´a dit d´aller á moto et non dans sa voiture.
Ce second et dernier déplacement s´est déroulé dans ces conditions de méfiance totale... Nous sommes arrivé á l´hôpital CIMEQ á trois vers 18h óu les médecins ont pris toutes les dispositions pour sauver Mara sans protocole. Après quatre heures d´assistance, le corps médical de ce centre a décidé de transférer le malade dans une ambulance á l´Institut de la médecine tropicale de La Havane. Mais malheureusement, le temps avait déjà joué sur leur compétence. C´est ainsi que dès notre arrivée á IPK en compagnie de Monica, le guide du ministère cubain de la culture , en dépit de toutes les techniques de réanimation, monsieur Mara a rendu l´âme á 22h 30 devant nos regards impuissants sans recevoir les premiers soins de ce centre.
Sous le coup j´ai été mis en observation pour contrôler ma pression qui était 140 sur 85, car l´expérience vécue m´a vraiment traumatisé. Je me suis retourné avec les larmes aux yeux quand monsieur Seck cherchait á joindre par téléphone l´ambassadeur et le chef de la délégation guinéenne au Cuba-disco 2008 qui se trouvaient dans une activité á Guanabacoa.
Retenez surtout que ni l´ambassadeur, ni docteur Dioubaté en sa qualité de chef de la délégation, et au plus forte raison aucun autre membre de la délégation guinéenne nous ont assisté á l´hôpital durant ces deux jours, les deux prémiers á cause de leur négligence et formalisme bureaucratique et les autres, le fait de ne pas être bien informés sur la gravité de la maladie de leur collègue Mara par les premiers.
A cause de ma patrie et notre amitié, j´ai accompagné Moussa Mara jusqu´au dernier moment, mais contre toute attente, j´ai été mal vu pour mes gestes. Même le dépôt du germe de fleur que j´ai apporté pour rendre hommage á la dépouille mortelle de Mara a été questionné par l´ambassadeur .Vraiment, je suis paniqué et traumatisé par les reproches de son excellence et docteur Dioubaté. Je prie donc le peuple de Guinée de nous juger, car jusque là je me demande les raisons de la prise de position de son excellence Hadiatou Show contre moi pour mon assistance á Moussa Mara. J´ai donc commis une erreur ou j´ai usurpé á madame Hadiatou Show son titre d´ambassadeur ?
Alors, j´ai décidé de suivre cette affaire jusqu´á la dernière conséquence. Même s´il faut payer avec ma vie et je suis prêt á répondre avec preuve cette déclaration devant qui de droit. J´ai été á l´ambassade pour répondre á leur convocation le jeudi 29 mai dernier, mais le consul qui m´avait transmis la convocation m´a dit de renoncer á ma démarche Jusqu´à l´évacuation du corps de notre regretté.
L´humanisme n´est il pas une limite au formalisme ?
A VOUS DE JUGER…
J´ai été témoin oculaire de tous ces faits, aucune personne ne peut dire le contraire et de surcroît j´ai des preuves et témoins partout. Je vous confirme que vu la gravité de ses maux dans la journée du dimanche 25 mai, dans sa chambre d´hôtel, Moussa Mara a prié quelqu´un de dire la vérité á ses parents et au peuple de Guinée sur les circonstances de sa mort. C´est ça la dernière volonté de notre regretté Mara, et son peuple doit la connaître. Nous ne pouvons pas avoir peur aux personnes á cause de leur titre et oser Dieu.
C´est vrai que le destin est inévitable ; mais la négligence d´un tier indispensable peut être á l´origine d´une telle fatalité.
Pour masquer leur négligence, ils sont fait croire á tout un peuple que Moussa Mara est mort des suites d´un arrêt cardiaque, comme une mort subite; cependant les médecins cubains du CIMEQ ont diagnostiqué le paludisme. Les résultats de l´autopsie confirment ce diagnostic. Ce montage n´est il pas une preuve de leur mauvaise foi ?
Si Moussa vivait aujourd´hui, ceux qui s´illustrent en héros répondraient pour leur négligence coupable.
NB : le retard de cette publication est dû á beaucoup de facteurs, certains m´ont prié de me taire et d´autres ont tenté de m´intimider, mais moi, je suis un croyant et j´ai été très touché dans ma conscience par la lettre de remerciement que la maman de Moussa Mara a adressée á l´ambassadeur. Leur geste après la mort ne mérite pas un remerciement, car c´est une obligation.
On pouvait les remercier s´ils avaient fait au moment opportun leur devoir de sauver la vie á Moussa Mara. Mon silence serait une complicité et surtout une trahison á la dernière volonté de mon ami quand il me disait quelques heures avant sa mort : « Mon ami, j´ai peur, tu es l´unique témoin oculaire de ce qui peut m´arriver ici...je suis vraiment déçu de notre chef de délégation…je respecte le Cuba pour sa médecine…».
Mon cher Mara, je me souviendrai toujours de tes derniers mots et je contribuerai pour que ta volonté soit faite.
Moussa Mara, repose toi en paix, ton peuple te pleur. Le seigneur rendra justice…
Depuis La Havane, un témoignage de Cécé Théa Victorien Junior, l´un des rares guinéens qui ont vécu les dernières heures de Moussa Mara sans être diplomates,ni autorisé par son excellence madame Hadiatou Show.
Correspondance spéciale de Cécé Victorien Théa
junior_thea@yahoo.fr
AUTEUR:Copyright aminata.com
Nous vous livrons la version authentique et confidentielle de la mort du journaliste culturel Moussa Mara, selon sa dernière volonté: Contrairement au montage de notre ambassadeur et docteur Dioubaté, la cause de la mort de Moussa Mara n´est pas un simple arrêt cardiaque sinon, le paludisme et la négligence due au bureaucratisme de ceux qui ont inventé ce rapport.
Responsabilité partagée entre le chef de la délégation guinéenne au Cuba-disco 2008 et l´ambassadeur de la République de Guinée á La Havane.
Ce témoignage est un éclaircissement sur la mort prématurée de ce jeune journaliste. Cette déclaration pourra être considérée par beaucoup comme une révélation et pour d´autres une indiscrétion ; je ne sais quoi encore… Pour ma part, je considère comme un devoir de tout citoyen de dire la vérité sur un évènement vécu personnellement de façon tragique á cause de la négligence des vrais décideurs et surtout une conséquence du formalisme bureaucratique trop exagéré de madame l´ambassadeur.
Notre administration doit changer de méthode de travail pour éviter la répétition des erreurs de ce genre. Les exemples ne manquent pas, certains hauts cadres guinéens qui ont effectué des séjours sanitaires á La Havane dans ces derniers temps ne diront pas le contraire. Le cas Amara Touré « Pélé », le récent accident de circulation du jeune Soumah entre autres sont des exemples vivants.
Arrivée á La Havane le mardi 20 mai dernier comme membre de la délégation guinéenne qui a participé au Cuba-Disco 2008 , monsieur Mara présentait déjà des signes de fatigues suivies de céphalées, de fièvre et de vomissement. Moi personnellement je l´ai vu pour la première fois le jeudi 22 mai au bureau de notre conseiller politique dans un état critique. Aussitôt, j´ai couru sous l´ordre de ce dernier á la pharmacie la plus proche pour lui trouver du Panadol dans le but de soulager ses maux, après consultation d´un médecin par téléphone. Au moment de notre séparation, il m´avait demandé de lui trouver une puce pour communiquer. Mais déjà il vomissait dans la voiture qui transportait la délégation guinéenne á la résidence de notre ambassadeur.
Cependant, aucune disposition n´avait été prise pour son hospitalisation malgré cet état de santé. Selon certains, la peur de le voir être mis en quarantaine par les autorités sanitaires cubaines. Mais quant á moi la raison essentielle est la peur de payer les frais d´hospitalisation d´un jeune qui n´est ni proche ni parent de « la dame de fer ». Donc la stratégie était l´automédication jusqu´á son retour au pays sans consulter un médecin pour connaître les vrais diagnostics. Mara était resté presque abandonné dans sa chambre d´hôtel.
Lors de ma visite á l´hôtel le samedi 24 mai aux environs de 16heure, les travailleurs de cette installation m´ont accueilli avec ses mots « Gracias por venir, el señor de la habitación 3 esta muy mal y no hay nadie para cuidarlo, estuvimos dandole masaje para aliviar sus dolores. » Traduit, «heureusement que tu es venu, le monsieur qui occupe la chambre numéro 3 est dans un état très critique et il n´y a personne á côté de lui, nous étions obligés de lui donner un peu de massage pour alléger ses douleurs ».
Pendant ce temps, son chef de délégation docteur Dioubaté se reposait tranquillement en face dans la chambre numéro 4.
A deux dans sa chambre Mara et moi avons reçu un coup de téléphone du chargé des relations internationales du ministère cubain de la culture déjà alerté par les travailleurs de l´hôtel « el Laguito ». Mon ami fatigué et aussi limité par la langue, m´a chargé de répondre á l´appel. Au cours de cet entretien, le fonctionnaire cubain me demandait de le convaincre pour qu´il aille á l´hôpital, car il parait qu´il avait peur d´y aller á cause de la décision de l´ambassadeur. Je leur ai demandé de me donner cinq minutes pour causer avec lui. Mara m´a dit d´aviser l´ambassade et non son chef de délégation, car selon lui, ce dernier se réjouissait de son mal ; et aussitôt, j´appela le consul, monsieur Kaba. Avant son arrivée á 16h 30mn, les cubains avaient déjà envoyé une voiture pour son évacuation dans un centre hospitalier « CIMEQ ». Mais á cause de la rigueur de la hiérarchie imposée ici, monsieur Kaba s´est rendu á la résidence pour aviser madame l´ambassadeur, quand á mon ami et moi, nous étions obligés d´attendre jusqu´a 20h 30 pour que l´ambassadeur autorise monsieur Seck, son conseiller politique qui est venu nous accompagner á l´hôpital, pendant ce temps le chauffeur du taxi du ministère de la culture dormait dans la voiture après plus de 4 heures d´attente.
C´est prudent de signaler qu´à la résidence toutes ces pertes de temps était dues á la recherche d´un bouc émissaire entre l´ambassadeur et ses fonctionnaires, pour connaître la personne qui a avisé le ministère de la culture sur la maladie de monsieur Mara contrairement á leur plan ou stratégie cité plus haut ; au lieu de prendre des mesures d´urgence pour sauver la vie de ce jeune délégué. Finalement c´étais moi le coupable éventuel pour le simple fait d´assister á un ami malade sans être diplomate, selon les reproches du conseiller politique á son arrivée quand il s´est adressé á moi en ces termes : « mais qui a avisé les cubains ?
L´ambassadeur est très énervée par ce que ce ministère connaît le téléphone de l´ambassade, donc il ne devrait pas envoyer un véhicule sans son consentiment. Même toi, elle cherche á savoir qui t´a autorisé de venir ici, mais je lui ai dit que vous êtes des amis de longue date...» Ma réaction n´a pas tardé. Je voulais savoir ce que l´ambassadeur veut ; son titre ou sauver la vie de ce compatriote ?
Sous ce choque, nous nous sommes déplacés á trois accompagnés d´un guide cubain pour l´hôpital aux environs de 21h. C´était la première visite médicale de monsieur Mara. L´observation et les études ont duré plus de trois heures. A notre retour le médecin de garde avait suspendu l´automédication tout en nous demandant de revenir le dimanche pour son hospitalisation et les études pour la recherche du vrai diagnostic avant d´ajouter « Vous pouvez revenir cette même nuit au cas ou le patient continuait sa crise ».
A trois nous avons déposé Moussa Mara et personnellement je l´ai accompagné dans sa chambre d´hôtel. Aussitôt j´ai cherché á rejoindre la maison car il faisait tard.
Le dimanche 25 mai, aux environs de 14h je l´ai joins au téléphone pour savoir s´il était déjà á l´hôpital. A ma grande surprise il se trouvait encore á l´hôtel tout en me demandant de venir vite á ses côtés en ces mots « Viens vite, ne tardes plus... ».
A cause des difficultés de déplacement, je suis arrivée vers 16h et je l´ai vu dans un état très alarmant. Sans plus tarder, j´ai appelé directement notre consul, monsieur Kaba pour lui dire de venir rapidement et entre temps, l´un des chauffeurs de l´ambassade est arrivé dans le but de le chercher et le déposer á la résidence. Mais vu son état, j ´ai demandé au chauffeur d´aller dire á l´ambassadeur que le lieu idéal de Mara en ce moment n´est ni une chambre d´hôtel ni une résidence de luxe ; mais plutôt, un lit d´hôpital.
Néanmoins, J´ai habillé monsieur Mara tout en lui demandant de se lever pour joindre la résidence, mais son état ne lui permettait pas. C´est ainsi que le chauffeur lui même a pris le téléphone pour dire á monsieur Kaba de venir rapidement.
A son arrivée d´abord il a été très impressionné par l´état de santé de Mara; mais, je pense qu´il s´est méfié á cause de son expérience vécue lors du cas d´Amara Touré « Pélé », quand il m´a dit « …Cécé, tu sais que tu risques d´avoir des problèmes dans cette affaire ?
Docteur Dioubaté, le chef de la délégation se demande de quoi tu te mêles et d´ailleurs il m´adit de t´aviser que tu es convoqué á la résidence ce soir » En réponse, je lui ai dit que ma priorité c´est de sauver la vie de Moussa Mara et après j´irai les voir á l´ambassade. Sous le coup, Monsieur Kaba a téléphoné á l´ambassadeur, mais après leur entretien je l´ai vu très dégoûté, son visage résumait tout ; c´est ainsi qu´il a appelé monsieur Seick, car il était chargé d´accompagner cette même soirée un guinéen qui était au point d´être expulsé de Cuba.
Monsieur Seick á son tour a puis joindre l´ambassadeur qui l´a autorisé d´accompagner Mara á l´hôpital. Je suis allé avec lui, mais tellement qu´il avait peur d´avoir des problèmes avec l´ambassadeur á cause de son opposition contre ma présence á côté du malade, monsieur Seick m´a dit d´aller á moto et non dans sa voiture.
Ce second et dernier déplacement s´est déroulé dans ces conditions de méfiance totale... Nous sommes arrivé á l´hôpital CIMEQ á trois vers 18h óu les médecins ont pris toutes les dispositions pour sauver Mara sans protocole. Après quatre heures d´assistance, le corps médical de ce centre a décidé de transférer le malade dans une ambulance á l´Institut de la médecine tropicale de La Havane. Mais malheureusement, le temps avait déjà joué sur leur compétence. C´est ainsi que dès notre arrivée á IPK en compagnie de Monica, le guide du ministère cubain de la culture , en dépit de toutes les techniques de réanimation, monsieur Mara a rendu l´âme á 22h 30 devant nos regards impuissants sans recevoir les premiers soins de ce centre.
Sous le coup j´ai été mis en observation pour contrôler ma pression qui était 140 sur 85, car l´expérience vécue m´a vraiment traumatisé. Je me suis retourné avec les larmes aux yeux quand monsieur Seck cherchait á joindre par téléphone l´ambassadeur et le chef de la délégation guinéenne au Cuba-disco 2008 qui se trouvaient dans une activité á Guanabacoa.
Retenez surtout que ni l´ambassadeur, ni docteur Dioubaté en sa qualité de chef de la délégation, et au plus forte raison aucun autre membre de la délégation guinéenne nous ont assisté á l´hôpital durant ces deux jours, les deux prémiers á cause de leur négligence et formalisme bureaucratique et les autres, le fait de ne pas être bien informés sur la gravité de la maladie de leur collègue Mara par les premiers.
A cause de ma patrie et notre amitié, j´ai accompagné Moussa Mara jusqu´au dernier moment, mais contre toute attente, j´ai été mal vu pour mes gestes. Même le dépôt du germe de fleur que j´ai apporté pour rendre hommage á la dépouille mortelle de Mara a été questionné par l´ambassadeur .Vraiment, je suis paniqué et traumatisé par les reproches de son excellence et docteur Dioubaté. Je prie donc le peuple de Guinée de nous juger, car jusque là je me demande les raisons de la prise de position de son excellence Hadiatou Show contre moi pour mon assistance á Moussa Mara. J´ai donc commis une erreur ou j´ai usurpé á madame Hadiatou Show son titre d´ambassadeur ?
Alors, j´ai décidé de suivre cette affaire jusqu´á la dernière conséquence. Même s´il faut payer avec ma vie et je suis prêt á répondre avec preuve cette déclaration devant qui de droit. J´ai été á l´ambassade pour répondre á leur convocation le jeudi 29 mai dernier, mais le consul qui m´avait transmis la convocation m´a dit de renoncer á ma démarche Jusqu´à l´évacuation du corps de notre regretté.
L´humanisme n´est il pas une limite au formalisme ?
A VOUS DE JUGER…
J´ai été témoin oculaire de tous ces faits, aucune personne ne peut dire le contraire et de surcroît j´ai des preuves et témoins partout. Je vous confirme que vu la gravité de ses maux dans la journée du dimanche 25 mai, dans sa chambre d´hôtel, Moussa Mara a prié quelqu´un de dire la vérité á ses parents et au peuple de Guinée sur les circonstances de sa mort. C´est ça la dernière volonté de notre regretté Mara, et son peuple doit la connaître. Nous ne pouvons pas avoir peur aux personnes á cause de leur titre et oser Dieu.
C´est vrai que le destin est inévitable ; mais la négligence d´un tier indispensable peut être á l´origine d´une telle fatalité.
Pour masquer leur négligence, ils sont fait croire á tout un peuple que Moussa Mara est mort des suites d´un arrêt cardiaque, comme une mort subite; cependant les médecins cubains du CIMEQ ont diagnostiqué le paludisme. Les résultats de l´autopsie confirment ce diagnostic. Ce montage n´est il pas une preuve de leur mauvaise foi ?
Si Moussa vivait aujourd´hui, ceux qui s´illustrent en héros répondraient pour leur négligence coupable.
NB : le retard de cette publication est dû á beaucoup de facteurs, certains m´ont prié de me taire et d´autres ont tenté de m´intimider, mais moi, je suis un croyant et j´ai été très touché dans ma conscience par la lettre de remerciement que la maman de Moussa Mara a adressée á l´ambassadeur. Leur geste après la mort ne mérite pas un remerciement, car c´est une obligation.
On pouvait les remercier s´ils avaient fait au moment opportun leur devoir de sauver la vie á Moussa Mara. Mon silence serait une complicité et surtout une trahison á la dernière volonté de mon ami quand il me disait quelques heures avant sa mort : « Mon ami, j´ai peur, tu es l´unique témoin oculaire de ce qui peut m´arriver ici...je suis vraiment déçu de notre chef de délégation…je respecte le Cuba pour sa médecine…».
Mon cher Mara, je me souviendrai toujours de tes derniers mots et je contribuerai pour que ta volonté soit faite.
Moussa Mara, repose toi en paix, ton peuple te pleur. Le seigneur rendra justice…
Depuis La Havane, un témoignage de Cécé Théa Victorien Junior, l´un des rares guinéens qui ont vécu les dernières heures de Moussa Mara sans être diplomates,ni autorisé par son excellence madame Hadiatou Show.
Correspondance spéciale de Cécé Victorien Théa
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