vendredi 12 octobre 2007
Encore en ce début du vingt-unième siècle, que des forces armées confisquent, au vue et su de tout le monde entier, la voix et la volonté de tout un peuple à la quête d’une gouvernance plus responsable n’est point une spécificité guinéenne, ni africaine.
Nous assistons actuellement, quelque part dans le grand Asie, plus particulièrement en Birmanie, à une répression sauvage des forces armées contre les moines bouddhistes, pourtant reconnu comme étant les plus élevés spirituellement de l’espèce humaine.
Ne serait-il pas là un signe flagrant de l’égarement du monde d’aujourd’hui ?
Osons-nous encore parler de Droits de l’homme dans ce bas monde ?
Osons-nous encore parler des Nations Unis dans ce monde ?
Osons-nous encore parler de Liberté dans ce monde ?
Osons-nous encore parler vraiment de Démocratie dans ce bas monde ?
Si oui, alors à quand le pouvoir aux peuples ? A quand la véritable gouvernance des peuples par les peuples et pour les peuples ?
• Les multiples paradoxes sociaux et économiques entre Nord et Sud ne nous frappent-ils plus ?Autant les grandes démocraties de ce monde peuvent revendiquer légitimement les vertus du libéralisme globalisé, autant ce libéralisme globalisé provoque et entraîne une faillite de l’humanité et de l’humanisme.
• La succession des indignes carnages de l’immigration clandestine ne sert donc que de sujets politiques et médiatiques ?
• La dégradation subite de l’environnement et la fréquence des catastrophes écologiques ne nous interpellent-elles donc pas ?
• L’exacerbation de la violence et l’écoulement à flot du sang humain ne nous effraie-t-il plus ?
• Deux guerres mondiales n’auront donc vraiment pas suffit à notre espèce ?
• Malgré les massacres de janvier et février, les industries minières continuent à soutenir, sans aucune contrepartie de respect des droits de l’homme, la junte Guinéenne ;
• Malgré cette ignoble répression, la compagnie TOTAL refuse de freiner ses investissements en Birmanie ;
• Malgré cette ignoble répression et l’assassinat d’un de ses journalistes, le Japon continu d’apporter son aide à la junte Birmane ;
• Malgré cette ignoble répression sanglante, la Chine impose son veto au conseil de sécurité des Nations Unis ;
• Toutes ces grandes démocraties, pourtant ci-médiatiquement démocratique, continuent à fournir des armes aux juntes militaires de par le monde ...
Cher(e)s frères et sœurs, tout porte à croire que, le monde dans lequel nous vivons, il ne peut y avoir cohabitation entre « quête d’intérêts financiers pour les grandes multinationales, et quête de démocratie pour les multitudes de populations autochtones ».
Cela parce que la quête du profit maximum amène, sur leur passage, les grandes multinationales à détruire et freiner l’émergence d’authentiques démocraties dans le tiers monde et les pays émergeants.
• Les grandes multinationales continuent à perpétuer la mauvaise gouvernance par la participation à la corruption et à la légitimation d’autorités répressives et non représentatives;
• Ces mêmes multinationales continuent à nuire aux processus de paix ou de démocratisation dans le tiers monde, par le financement volontaire ou involontaire des belligérants, ce qui a pour effet de réduire l’influence des populations locales.
Cher(e)s frères et sœurs, la démocratie, hors de leurs frontières, ne représenterait donc que des coûts supplémentaires pour les grandes industries multinationales ?
Alors, est-il vraiment le moment de venter cette « démocratie du grand capital » ou au contraire de la penser autrement ?
Il faut impérativement, pour toute cohabitation entre le grand capital et l’émergence de grandes démocraties, qu’il y ait :
- Interdiction pour les entreprises d’exercer des activités tirant profit de la violation des droits de la personne et du droit humanitaire ;
- Prévention, dans les zones de conflit, des investissements d’entreprises susceptibles d’aggraver les hostilités et leurs conséquences humanitaires ;
- Promotion d’une plus grande transparence et d’une plus grande imputabilité sur le plan des mesures de sécurité et des transferts financiers entre gouvernements.
Et pourtant, parmi les instruments de réglementation internationaux, existe déjà :
1- Les normes des Nations Unies en matière de commerce et de droits de l’homme qui interdisent formellement aux entreprises de participer ou de tirer profit des violations des droits de la personne et du droit humanitaire, et qui les oblige à prendre des mesures de sécurité respectant les normes internationales en matière de droits de la personne.
2- Les principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales qui réglementent la conduite des entreprises, particulièrement en ce qui concerne les droits de la personne et la transparence sur le plan financier, notamment à l’égard des mesures de sécurité.
3- L’initiative sur la transparence des industries extractives (EITI) lancée en 2002 par l’ex-premier ministre britannique Tony Blair, et la campagne « Publiez ce que vous payez »
A ce sujet, compte tenu de la nature concurrentielle du commerce et des dispositions de confidentialité financière imposées par beaucoup de gouvernements hôtes à l’égard des contrats d’exploitation de ressources naturelles, une législation contraignante pourrait établir un cadre juridique permettant d’invalider ces dispositions de confidentialité. À l’échelle mondiale, elle contribuerait en outre à mettre toutes les entreprises sur un pied d’égalité.
4- Les principes volontaires sur la sécurité et les droits de l'homme (É.-U.–R.-U.)
Adoptés en décembre 2000 par différentes entreprises et ONG (principalement du secteur des ressources naturelles) à l’initiative des gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni. Cet instrument définit des principes volontaires permettant d’aider les entreprises à maintenir la sûreté et la sécurité de leurs installations dans un cadre garantissant le respect des droits de la personne et des libertés fondamentales.
5- L’analyse éthique et le code de conduite obligatoires concernant les activités des multinationales dans les zones de conflit
Ce code, rédigé par des avocats du centre des investissements de l’Université de Toronto, définit la responsabilité des entreprises multinationales de façon à garantir :
• Que leurs activités ne contribuent pas à la violation des droits de la personne ou au renforcement de la capacité des régimes répressifs; • Que leurs mesures de sécurité dans les zones de conflit sont en conformité avec les normes internationales en matière de droits de la personne ainsi que les lois et les normes nationales pertinentes;
• Qu’elles effectuent une évaluation indépendante des risques liés à leurs investissements dans des zones de conflit, notamment en ce qui a trait à leurs conséquences à l’égard des droits de la personne et de la situation humanitaire.
6- Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) du G8
Un partenariat de ce genre pourrait porter sur des questions telles que la transparence des entreprises en ce qui concerne le paiement d’impôts, la déclaration des ressources bancaires, les procédures de rapatriement de fonds détournés et de déclaration de douane, et il pourrait être soutenu par des garanties d’accès aux crédits à l’exportation, des programmes d’aide en gestion des ressources, des subventions et des prêts, de même que des mécanismes de contrôle par les pairs.
Peuples du monde, à quand l’intéressement à ces textes ?
Oh grand capital !
• Que faudrait-il de plus pour t’amener à oser la « Démocratie authentique » ? • Que faudrait-il de plus pour que tu crois en la cohabitation entre intérêts individuels (financiers) et préservation écologique ?
• Que faudrait-il de plus pour que tu crois en la cohabitation entre intérêts individuels et intérêt général (démocratie authentique) ?
• Le spirituel et la morale n’auront donc jamais raison, dans ton monde, du matériel et de l’égoïsme ?
• Alors à quand la dernière mutation de notre espèce vers cet Humain par excellence ?
Oh grand capital !
Que de signes et d’expériences n’as-tu pas reçu ?
Quels types de projecteurs faudrait-il à nouveau mettre sur les cas Guinéen et Birman pour que le monde entier et les Nations Unies cessent de regretter pour enfin agir ?
« Quand on aime la justice, on est toujours un révolté » Alfred Capus
« L’Humanité qui devrait avoir six mille ans d’expérience retombe en enfance à chaque génération » Tristan Bernard
« Toutes les ambitions sont légitimes, excepté celles qui s’élèvent sur les misères ou les crédulités de l’humanité » Joseph Conrad
« … depuis des siècles, le monde occidental s’est arrogé le pouvoir de nommer les choses pour l’humanité entière » Denis Guedj
« Vive la voix de la jeunesse tiers-mondiste, vive la reforme des institutions internationales, pour que vive un monde meilleure »
Mamadou Oury Diallo
Contact: chiccodiallo@yahoo.fr
Membre de l'Equipe d’Analyse et de Réflexion « Neoleadership »
Représentant de www.nlsguinee.com au Maroc